Synopsis
Hanns Zischler se définit comme comédien, traducteur et auteur. On peut ajouter : traducteur de philosophie (Derrida), dramaturge de théâtre, photographe, éditeur, essayiste, romancier... Cette invitation, souhaitée par Augenblick depuis plusieurs années, profite de la sortie du film de Paweł Pawlikowski Fatherland. C’est aussi une occasion de remonter à ses débuts au cinéma, avec des courts métrages d’étudiant de Wim Wenders (Same Player Shoots Again) puis, en 1976, le classique Au fil du temps, où il est « Kamikaze ». Depuis, il a interprété d'innombrables films : pour des cinéastes allemands - Thomas Brasch, Peter Lilienthal, Robert Van Ackeren (La Femme flambée), francophones - Chantal Akerman (Les Rendez-vous d’Anna), Claude Chabrol (Docteur M), Jean-Claude Biette (Saltimbank), Olivier Assayas (Sils Maria), ou internationaux comme Costa-Gavras (Amen), Steven Spielberg (Munich)...
Au programme d'Augenblick, il apparaissait en 2023 dans Universal Theory (Timm Kroeger), en 2024 dans deux de ses huit films pour le réalisateur Rudolf Thome (Berlin Chamissoplatz et La Main dans l’ombre). Des rôles - parfois simplement des passages - où, dans leur accumulation, on pourrait voir en transparence une image de l’Europe actuelle et de ses fissures, apparaissant sans la déformation d'un objectif, comme les images que Zischler a réalisées en sténopé (prises de vues sans appareil photographique, avec une boîte percée d’un trou) et exposées à Berlin en 2013 (Nach der Natur, Camera obscura).
L’acteur aux deux cents films est aussi un promeneur (les essais et récits Berlin est trop grand pour Berlin, I Wouldn’t Start from Here) qui a guidé amicalement dans les « solitudes » de l’Allemagne d’après-guerre ou de la réunification Jean Rouch, Chris Marker ou Jean-Luc Godard (Le Dernier Mot, 1988, Allemagne 90 neuf zéro, 1991). C'est aussi un écrivain et un œil, passionné par la vue et ses origines, par la photo ou les traces que les enregistrements laissent dans l’histoire…
Au fil de ses voyages, il a passé des années à la recherche de Kafka, dans les archives et les cinémathèques, et lui a consacré en 2002 un film-essai rarement vu, Kafka va au cinéma. Son nouveau roman, Yumikos Paravent, est un va-et- vient de fictions multiples à travers les temps et les continents
Rencontre avec Hanns Zischler animée par Bernard Eisenschitz
Dimanche 15 novembre à 18h45, cinéma Le Cosmos, Strasbourg